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Hypnose et hyperactivité

Au CHU de Tours, l’hypnose à hauteur d’enfant

Publié le 07/03/2018 à 04:55  | Mis à jour le 07/03/2018 à 15:45 La nouvelle république 

L’hypnose comme remède à l’hyperactivité ? C’est en tout cas l’une des pistes explorée par le service de neurologie de Clocheville.

 Déjà adoptée par des anesthésistes, des tabacologues, ou encore des sages-femmes, l’hypnose est aussi utilisée en neuropédiatrie. Exemple au Centre référence pour les troubles du langage et des apprentissages (CRTLA) du CHRU de Tours, à Clocheville, avec le professeur Pierre Castelnau et le Dr Maximilien Périvier.

L’hypnose pour soigner, c’est nouveau ?

« L’hypnose n’est pas nouvelle. A une époque, elle était utilisée pour traiter ce qu’on appelait l’hystérie… En l’utilisant aujourd’hui à l’hôpital comme thérapie complémentaire, on redécouvre des choses que l’on connaissait déjà. Avec en plus la preuve qu’a pu nous donner l’imagerie que sous hypnose, des zones spécifiques du cerveau fonctionnent. »

Vous l’utiliser dans la prise en charge d’enfants hyperactifs. Pourquoi ce choix ?

« On s’est rendu compte qu’en leur donnant des médicaments pour les rendre plus calmes en classe on ne faisait pas tout ce qu’il fallait pour les aider : quand l’enfant fait face à des troubles de l’apprentissage, il entre dans une spirale de dévalorisation. Pour corriger cela, il fallait travailler sur l’estime de soi. C’est comme cela que nous sommes arrivés à l’hypnose. »

L’hypnose avec des enfants est-elle particulière ?

« L’enfant sait mieux faire que les adultes ! Il a la capacité d’être en parfait équilibre entre réel et imaginaire, à voir des échappatoires émotionnelles en permanence. En transe hypnotique, on joue justement sur cette capacité du cerveau à nous faire voir les choses imaginaires comme si c’était réel. C’est plus facile à partir de l’âge de 6 ou 7 ans, car l’enfant comprend ce que l’on attend de lui. »

On a tous en tête des scènes d’hypnose de spectacle. En quoi diffère-t-elle de l’hypnose thérapeutique ?

« La technique est très similaire à celle utilisée dans l’hypnose de spectacle, sans le décorum qui fait le spectacle, et surtout, nous avons un tout autre objectif. L’hypnose de spectacle entretient l’idée d’un contrôle sur l’autre, ici, ce n’est pas nous qui faisons : nous faisons simplement en sorte de rassembler les conditions pour que le patient travaille. »

Comment se déroule une séance ? Que cherche-t-on ?

« Une séance d’hypnose peut se dérouler autour d’une évocation choisie par l’enfant lui-même, ou prendre la forme plus dirigée d’un conte construit pour lui, dans lequel on va injecter des suggestions. Par exemple, on peut revenir sur une situation présente dans nos souvenirs, au moment où cela a dérapé, et l’on a alors la possibilité de changer notre regard sur cette situation. Changer le regard sur ce que l’on a vécu marche mieux que de tenter de convaincre quelqu’un d’avoir une meilleure estime de soi. »

D’autres champs d’utilisation auprès des enfants peuvent-ils être envisagés ?

« On pourrait l’utiliser pour d’autres choses, mais pour l’instant nous nous concentrons sur la TDAH, dans le cadre de la recherche clinique. L’hypnose pourrait très bien être utilisée pour tout ce qui touche aux troubles du langage et des apprentissages scolaires, les troubles de l’oralité. Mais on ne soignera pas l’épilepsie ou la sclérose en plaque avec de l’hypnose ! 

 

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